Koursk, un Sous-Marin en Eaux Troubles

Publié le par houeb

Tout avait débuté cent jours après l’arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir. Le 12 août 2000. L’événement fit alors grand bruit et provoqua une véritable onde de choc dans la population russe. Ce jour-ci, le fleuron de la flotte nucléaire sous-marine russe coulait à pique. Ses 118 membres d’équipage avec. Sans possibilité d’être secourus. L’explication officielle ne tarda pas. L’explosion accidentelle d’une ancienne torpille serait à l’origine de la tragédie. La faute à pas de chance, en quelque sorte. Tout au plus à un défaut de maintenance. Reprise tel quel, l’information fera le tour du monde. Quelques jours après, une nouvelle actualité internationale balayait définitivement le Koursk. Laissait les familles des victimes à leur deuil, loin de toute exposition politique et médiatique. Coulé, le Koursk était enterré. Sauf pour quelques rares journalistes, dont Jean-Michel Carré. Réalisateur de profession, ce français ne se satisfait pas de la thèse officielle. Quelque chose clochait. Les questions sans réponse s’accumulaient. Pourquoi les marins qui avaient survécu aux explosions n’avaient-ils pas été sauvés ? Quel rôle l’Occident avait-t-il joué dans cette tragédie en envoyant une imposante armada de navires d’espionnage durant les manœuvres du Koursk ? Pourquoi, pendant plusieurs jours, Vladimir Poutine n’a-t-il fait aucune déclaration et refusé toute aide étrangère ? Pourquoi une alerte nucléaire a-t-elle été déclenchée une heure avant un tir de démonstration d’une nouvelle torpille ? Pourquoi la plupart des marins refusent-ils encore de croire à la version officielle ? Pourquoi, dès qu’un journal publie des informations contraires à la version officielle, est-il systématiquement perquisitionné par le FSB, les services secrets russes ? Pourquoi n’y a-t-il jamais eu de commission d’enquête indépendante ? Pourquoi la presse qui dénonça le silence et les pratiques de Poutine a-t-elle été mise au pas ? Pourquoi les militaires et les hommes politiques qui avaient soutenu la version de l’implication américaine dans la tragédie ont-ils été limogés et souvent généreusement reclassés ? Pourquoi enfin a-t-il été décidé de réduire en miettes le Koursk et d’en détruire, sans même juger bon de la remonter à la surface, la partie avant où a eu lieu l’explosion ? [...]

                                                                                         
Christophe Nonnenmacher

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